Catégorie : La Lettre de l’Afjet

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La Maison Christian

La Maison Christian depuis 1962

Un arrêt sur vitrine ! Interpellées par un superbe coffret baptisé : « Carnet de voyage », nous entrons dans ce salon de thé chic, feutré et cosy.  Odeur de cacao, de douceur, de caramel. Un vrai délice tentateur. Nous avons même gouté à l’infusion de cacao ! Christian a su garder les bases d’une pâtisserie traditionnelle transmises par son grand-père. D’expériences en apprentissage, le talent ne demandait qu’à éclore. Il joue sur plusieurs tonalités, goûts, couleurs… Sucré, salé, glacé, épicé, aromatisé, texture sont le terrain de jeu d’une créativité jamais tarie. A voir son « carnet de voyage » qui transporte le dégustateur de pays en pays, de fèves et fèves, de douceur en légère amertume… un voyage gustatif exceptionnel. Un mariage osé qui conjugue tradition et modernité tout en perpétuant un savoir-faire incontesté incontestable. Toutes ces douces folies sont à déguster sur place ou à emporter pour les découvrir tranquillement dans son salon.

Christian
12, rue de l’Outre. & 10 rue Mercière
Strasbourg
+33 388 320 441
www.christian.fr

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ND de la Garde

Le musée de Notre-Dame de la Garde a réouvert en décembre 2022 à l’occasion d’une exposition sur Noël en Provence, qui retrace les 800 ans d’histoire de la Bonne Mère, sur un espace de 350 m². Outre les très belles collections d’ex-voto et d’objet du culte que l’on peut admirer, on y comprend le formidable attachement des Marseillais pour leur « Bonne Mère ». Plusieurs thématiques réparties en séquences successives, nous
emmènent dans un cheminement de pèlerinage et d’élévation à l’image de nos anciens.

Qu’est ce qu’on y trouve ?
Le musée a été inauguré en 2013. Son parcours propose la découverte du pèlerinage à Notre-Dame de la Garde au fil des siècles, puis les origines du
sanctuaire, et enfin sa reconstruction au milieu du XIXe siècle. Tout cela est illustré de documents anciens (y compris audiovisuels), d’ex-votos et d’oeuvres
majeures offertes à la basilique par de grandes familles, notamment une Annonciation en faïence de l’atelier florentin des Della Robbia (début du XVIe
siècle), un buste de la Mater Dolorosa de Jean-Baptiste Carpeaux (le plus grand sculpteur français du Second Empire), le modèle de la Vierge à l’Enfant de Cortot
pour la statue d’argent du Maître-Autel…
Par ailleurs, le musée accueillera désormais 2 expositions thématiques par an, l’une durant les mois d’été, l’autre autour des fêtes de fin d’année. Actuellement,
l’exposition « Noël en Provence » (en partenariat avec le Musée de Château-Gombert) est prolongée jusqu’au printemps prochain et l’expo de l’été prochain
portera sur le Saint-Suaire de Turin, complétée par des oeuvres sur le thème de la Passion du Christ et de la Mater Dolorosa. »

Télécharger le fichier Musée ND de la Garde

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New en Provence

Picasso en Provence.

ARLES-CAMARGUE
« Comment supposez-vous que je puisse peindre sans joie ? ».

Sa passion d’Andalou pour la corrida et la présence obsédante de Vincent Van Gogh conduisent souvent l’artiste à Arles, en Camargue et dans les Alpilles.

Musée Reattu : Collection de 57 dessins donnés par Picasso, deux ans avant sa mort.
www.museereattu.arles.fr/pablo-picasso.html

 

LES BAUX-DE-PROVENCE – ALPILLES
 « Mais arriver à dire. Voilà ce que je veux. ». En 1959, à la demande de son ami Jean Cocteau, Picasso interprète le rôle du peintre du Testament d’Orphée dans les carrières géantes taillées dans les roches des Alpilles. Elles accueillent les premiers spectacles immersifs.

Carrières de Lumière, Baux-de-Provence
De Vermeer à Van Gogh : les Maîtres hollandais, Mondrian, l’architecte des couleurs [24 janvier 2023 – Janvier 2024]
Toute une année pour programmer un détour via les carrières de Lumière.
www.carrieres-lumieres.com

AVIGNON
« Je ne cherche pas, je trouve ». Picasso passe l’été 1914 à Avignon près de ses amis Braque et Derain.

Au musée Angladon, la collection Jacques Doucet abrite entre autres son Arlequin.

Musée Angladon, Collection permanente [1er février – 31 décembre 2023]
angladon.com

 

Et à ne rater sous aucun prétexte : Les Rencontres de la Photographie d’Arles.
« Must-see » incontournable au monde de la photo, nombreuses expositions, des événements, notamment dans la nouvelle Fondation Luma-Arles signée par l’architecte Franck Gehry. [3 juillet – 24 septembre 2023]

www.rencontres-arles.com

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Les eaux aixoises

AIX-EN-PROVENCE, la bien nommée en lumières
Des sources chaudes d’Aquae Sextiae…

Si Aix-en-Provence est réputée pour cette luminosité qui a si fortement inspiré Cézanne, la ville l’est aussi pour la qualité de ses eaux et l’abondance de ses fontaines. Ainsi, l’antique Aquae Sextiae, littéralement « les eaux de Sextius », tire à la fois son nom des nombreuses sources chaudes et froides de son sous-sol, et également du patronyme du général romain qui la bâtit en 122 avant J.C.
La ville s’est développée autour de ce trésor qu’est l’eau, puisant tout d’abord dans ses nombreuses sources. Avec le temps et le développement des activités agricoles et artisanales, elle s’est vue contrainte d’acheminer jusqu’à son centre les eaux environnantes, depuis la Sainte-Victoire et le cours de la rivière l’Arc. Il a donc fallu pour cela dresser des aqueducs et creuser des canaux.
Des structures encore visibles, sur la commune voisine du Tholonet, au pied de la Sainte-Victoire, avec les ruines d’un aqueduc romain qui, sur une vingtaine de kilomètres, acheminait les eaux du Blayon jusqu’à Aix.
À Meyrargues également, au nord de l’agglomération, c’est l’aqueduc de la Traconnade, par lequel s’écoulaient les eaux en provenance de Jouques, qui dresse encore fièrement quelques-unes de ses arches.

A partir du milieu du XIXe siècle, ces infrastructures vont se révéler insuffisantes, du fait de la poussée démographique, du développement de l’agriculture et de la multiplication des ateliers de tannerie, de teinturerie et de carderie, activités grosses consommatrices d’eau. Cette dernière corporation est d’ailleurs à l’origine de la dénomination d’une des places les plus animées du centre-ville ancien : la place des Cardeurs.
Ainsi fut donc décidée la construction du canal dit « du Verdon », captant, à 82 kilomètres du Cours Mirabeau, les eaux de la rivière au niveau du village de Quinson.
Véritable exploit technique, les travaux du canal débutent en 1866 pour s’achever le 15 août 1875, date à laquelle les eaux de la tumultueuse rivière alimentent enfin la célèbre fontaine de la Rotonde, ainsi que les nombreuses communes environnantes.
L’ouvrage assumera sa fonction jusqu’au milieu du XXe siècle. Les besoins en eau sans cesse grandissants des métropoles d’Aix-en-Provence et Marseille vont nécessiter, en 1950, la construction du barrage de Bimont, (photo) sur le flanc Ouest de la Sainte-Victoire, alimenté par la captation des eaux d’une autre retenue, aménagée également sur le Verdon : celle d’Esparron. Par la suite, le canal du Verdon sera totalement abandonné au profit de l’imposant canal de Provence, dont une partie des eaux captées à Vinon-sur-Verdon, où le Verdon rejoint la Durance, arrive jusqu’à Aix et sa région
… à la balnéothérapie du XXIe siècle.

Déjà prisés par les romains, les thermes étaient nombreux dès l’Antiquité, et il en reste de nombreuses traces archéologiques disséminées en divers endroits de la cité.
Même si elle a perdu son agrément de «Ville thermale» en 1998, Aix-en-Provence n’en a pas moins conservé un centre de balnéothérapie réputé qui attire plus de 50 000 clients par an.
Les thermes actuels sont situés en haut de l’historique cours Sextius (photo). Réhabilités à partir du XVIe siècle, ils sont édifiés sur les bains d’origine, à l’emplacement d’une toujours abondante source d’eau chaude, déjà exploitée durant le premier siècle de notre ère.
Il permet une large gamme de soins de bien-être, du corps ou du visage, allant de l’hydrothérapie aux douches à jet, en passant par les enveloppements de boue, massages relaxants, bains purifiants, sauna et hammams.
Des soins programmables sur quelques heures, voire une ou plusieurs journées, l’établissement s’étant doté d’un confortable hôtel, l’Aquabella, et d’un restaurant cosy de qualité, l’Orangerie.
Et entre deux séances, pourquoi ne pas envisager, toujours au fil de l’eau, de partir à la découverte de ces nombreuses et magnifiques fontaines disséminées dans la ville. Autant d’étapes pour s’imprégner du charme de cette cité de lumière et de douceur, à laquelle le «Bon Roi René», Duc d’Anjou et Comte de Provence, donna ses lettres de noblesse en s’y installant en 1472.

Et plus…
Comment se rendre à Aix, A7 et N7.
Les incontournables musées : Hôtel de Caumont, musée Granet.

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Phalanstère, familistère

Du Phalanstère de Fourier au Familistère de Guise : lecture en Utopie !

Des noms inhabituels, et pourtant des expériences sociales intéressantes.
Alors le phalanstère, c’est quoi, ou plutôt c’était quoi ?

Un regroupement d’habitats pour la vie harmonieuse d’une communauté. Une véritable petite cité dans laquelle chacun apportait ses compétences au service de tous. Partage qui pouvait aller jusqu’au partage des ressources. Utopie pourrait-on dire. C’est Charles Fourier- 1772-1837- qui a eu cette « folle » idée.

Et le familistère ? Idée reprise par Jean-Baptiste André Godin qui conjugua les mots famille et phalanstère. L’idée s’étoffe avec non seulement la vie communautaire mais des magasins coopératifs, des salles communes, et tous les services nécessaires à la vie quotidienne.

A croire que Charles Fourier et André Godin étaient de grands idéalistes et de grands visionnaires !

Le phalanstère, une philosophie sociale
Pour Fourier, l’homme est mû par douze passions :

Cinq sensitives qui se rapportent aux cinq sens,
Quatre affectives qui assurent les rapports entre individus (l’amitié dans l’enfance, l’amour dans l’adolescence, l’ambition dans la maturité, le « familisme », c’est-à-dire le sens de la famille, dans la vieillesse),
Trois enfin distributives qui sont fondamentales, et assure le lien sociétal : la passion d’intrigue, de rivalité, qu’il appelle la cabaliste, ou contrastante ; la passion opposée, qui pousse à l’accord et à la coopération – la composite, ou exaltante ; enfin la passion de la diversité et du changement, qu’il dénomme joliment la papillonne, ou alternante.

Toutes ces passions étant synthétisées par une treizième, l’harmonique.

«Si le phalanstère est bien une communauté, il ne prétend pas à instaurer l’égalité : il est ouvert aux riches et aux pauvres, qui, répartis en cinq classes, peuvent y vivre selon leurs moyens, dans des pièces plus ou moins grandes, en prenant des repas plus ou moins raffinés, un peu comme feraient les clients d’un hôtel qui comporterait plusieurs tarifs et plusieurs catégories de régimes. L’inégalité, pour Fourier, «entre dans le plan de Dieu». Mais, en offrant à tous les mêmes services collectifs sous le même toit, le phalanstère vise à rapprocher les esprits et les cœurs.»

(extraits du site : La Colonie de Condé-sur-Vesgre)

Un détour dans le nord de la France

A quelques encablures de la Belgique et de Paris, Guise mérite le détour. Non seulement pour son patrimoine architectural, pour les bords de l’Oise, pour sa quiétude……… et surtout pour « son Palais Social », beaucoup plus joli comme appellation que « cité ouvrière ».

Aujourd’hui entrée dans le Domaine public, la cité de Guise est devenue musée. Une visite incroyable.

Le phalanstère de Fournier, avant-gardiste, était considéré comme un hôtel coopératif. 400 familles y vivaient, cultivaient, travaillaient pour le bien de la communauté.

Ce concept a trouvé écho jusqu’aux Etats-Unis au XIXe.

Un arrêt à Condé-sur-Vesgre.
Inspirée à ses débuts des théories de Charles Fourier et rare représentante d’un projet de « phalanstère », « la Colonie » a connu diverses métamorphoses et a traversé les siècles. Elle offre aujourd’hui un cadre d’étude intéressante à tous les férus de l’histoire des premiers socialismes et organise régulièrement des colloques. Une véritable résidence partagée.

Le Bâtiment principal de « la Colonie » de Condé-sur-Vesgre. Le palais social.

La Colonie
Route de la Chesnaye, 78113 Condé/Vesgre
contact@la-colonie.org
Tél  : 06 62 71 90 35

La Cité Familistère
«Jean-Baptiste André Godin nommera sa cité « Familistère » par analogie avec phalanstère mais aussi pour l’en distinguer. Le Familistère est industriel : il s’élève non pas à la campagne mais dans les faubourgs d’une ville, à proximité de la manufacture qui emploie les travailleurs. Les 500 appartements du Familistère hébergent 1 500 à 2 000 personnes. Le système de cours et de coursives du Palais social transpose de façon originale la rue-galerie du Phalanstère : les atriums vitrés des grands hôtels parisiens sont toutefois pour Godin une référence aussi importante que celle de la rue-galerie fouriériste. Le belvédère du pavillon central et la place du Familistère sont bien sûr des « citations » de la tour d’ordre et de la place du phalanstère. Par contre, le groupe formé par les écoles et le théâtre du Familistère est parfaitement inédit.»

« Ce n’est plus à bâtir le taudis du prolétaire, la maison du bourgeois, l’hôtel de l’agioteur ou du marquis. C’est le Palais où l’HOMME doit loger. Il faut le construire avec art, ensemble et prévoyance ; il faut qu’il renferme des appartements somptueux et des chambres modestes, pour que chacun puisse s’y caser suivant ses goûts et sa fortune ; puis il y faut distribuer des ateliers pour tous les travaux, des salles pour toutes les fonctions d’industries ou de plaisir. »
Victor Considerant, Description du Phalanstère, 1848.

La cité Familistère
Place du familistère – 02120 Guise
03 23 61 35 36
accueil@familistere.com