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Mirepoix

Une bastide médiévale en Pyrénées cathares

Entre grands paysages et petits villages, découvrez les Pyrénées Cathares, au fil d’étapes gourmandes qui savent accueillir l’hôte de passage chaleureusement. Ce pays n’a jamais perdu son identité ni les valeurs du territoire dont l’assiette exprime toute la richesse du terroir.

Mirepoix,
Voici l’une des plus jolies entrées en pays Cathare. Cette bastide restée dans son jus s’adosse à une impressionnante cathédrale dotée d’une nef immense de 22 mètres, la plus large de France et d’une flèche qui s’envole à 60m. Remaniée et agrandie au fil des siècles, elle abrite un rarissime labyrinthe sous terrain.
Petite cité de 3200 habitants, Mirepoix n’en est pas moins le centre névralgique de la région. Et on comprend pourquoi en découvrant le charme de ses arcades frangées de bâtisses aux façades médiévales et colorées comme au Moyen Age.
Les visiteurs profitent de nombreuses animations entre vieilles enseignes, terrasses avenantes, boutiques alléchantes, marchés et autres réjouissances.

S’en laisser conter par Bernard Garcia à La Maison des Consuls
Pour dormir et admirer la lumière rasante du soir glisser sur les façades à colombages, vert, rose, jaune, les piliers de bois sculptés de têtes humaines et de monstres grimaçants, et observer le jeu d’ombre et de lumière sous les arcades, optez pour La Maison des Consuls. Un bel établissement que Bernard Garcia, son propriétaire qui connaît comme sa poche l’histoire de sa cité, s’attache à rénover depuis de longues années dans cette étape de St Jacques.

Texte: Anne Sarbel
Photos: François Millo

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MONTSÉGUR Symbole Cathare en Occitanie

L’Ariège, région chargée d’histoire, depuis les Mérovingiens dont on peut voir la magnifique nécropole de Tabariane, en passant par l’église troglodyte de Vals, puis la cité médiévale de Mirepoix. Et enfin Montségur, symbole du Catharisme en Occitanie.

Mais qu’est-ce que le Catharisme ?
D’où vient-il, comment s’est-il fixé en Occitanie et pourquoi cette terrible répression ?
Cela a duré de 216 à 1328

216
Le catharisme est issu du manichéisme et du Bogomilisme.
Manès né en 216 en Mésopotamie, mort martyrisé à Ctésiphon en 277. Se dit prophète successeur de Bouddha, de Zoroastre et de Jésus. Il fait une synthèse de ces trois religions qui conduits à un système dualiste : Bien et Mal, Lumière et Ténèbres.
De nombreux points se retrouveront dans la religion cathare, en particulier la distinction entre le dieu du bien et les forces du mal, ces dernières étant incarnées dans la matière et dans le monde sensible. L’Eglise catholique, par son organisation temporelle, représentait pour les Cathares une institution vouée au mal.
Le bogomilisme avait pris un essor considérable en Bulgarie sous le règne de Pierre 1er (927929).

« les cathares sont Les Manichéens du Temps Présent. »
L’an mil voit se manifester de nombreuses hérésies. Elles prendront encore de l’ampleur pendant les XIème, XIIème et XIIIème siècles. Le catharisme n’est qu’un volet de ces mouvements à contre-courant de la pensée romaine. Pauvres de Lyon, vaudois, béguins, patarins, tisserands… le Manuel de l’Inquisiteur (de Bernard Gui, réédité par la société d’édition Les Belles Lettres, Paris, 1964) nous donne une bonne idée de la manière dont les hérétiques étaient perçus par les représentants du pape. Celui-ci appelle les cathares Les Manichéens du Temps Présent

On retrouve des cathares dans toute l’Europe, mais certaines spécificités sont à remarquer selon les régions. Ainsi, on retrouve plutôt des vaudois (de Pierre Valdo, marchand d’origine lyonnaise) dans les régions du Jura et des Alpes.
Bien qu’antérieurs à ce mouvement et à son créateur Pierre Valdo (1170 environ), des hérétiques ayant des idée en tous points similaires furent livrés aux flammes des bûchers en Allemagne au début du XIème siècle. Le phénomène cathare a pris de l’ampleur au nord de l’Italie, présentant tout de même une grande particularité par la diversité des communautés et de leurs oppositions sur le dogme même. On parlera ainsi de Cathares en Lombardie et de Patarins dans le reste de l’Italie et plus particulièrement à Florence.

Hiérarchie
Les cathares eux-mêmes ne se dénommaient que bons chrétiens ou bonshommes. Une distinction était opérée entre ceux qui avaient reçu le Consolamentum, sorte d’ordination, et les simples croyants. Le premier groupe constituait la véritable hiérarchie cathare, avec les parfaits qui prêchaient généralement par deux : le fils majeur et le diacre. Il existait aussi un ou plusieurs fils mineurs, antichambre des futurs parfaits itinérants.
L’ensemble était coordonné par un évêque dont la charge était géographiquement délimitée. A l’aube de la Croisade, on comptait alors six évêchés : Agen, Lombers, Saint-Paul, Cabaret, Servian et Montségur. Parmi les sièges de diacres, on peut remarquer Moissac, Cordes, Toulouse, Puylaurens, Avignonet, Fanjeaux, Montréal, Carcassonne, Mirepoix, Le Bézu, Puilaurens, Peyrepertuse, Quéribus, Tarascon-sur-Ariège.

l’Occitanie fut l’un des foyers les plus brillants de l’hérésie la mieux caractérisée : le néo-manichéisme.
D’autre part, l’implantation sociologique, politique et doctrinale de la nouvelle religion fut si vigoureuse et séduisante que toutes les couches sociales languedociennes, depuis une frange du clergé catholique, des classes chevaleresques pauvres en passant par celles des bourgeois, des marchands, et ainsi jusqu’aux plus petits laboureurs, furent touchées par l’hérésie.

Expansion
L’une des causes essentielle de l’expansion rapide du catharisme dans le Midi fut l’attitude bienveillante et tolérante des grands seigneurs languedociens : les comtes de Toulouse, les comtes de Foix, le vicomte de Carcassonne- Béziers…
Les cathares, contrairement aux vaudois ou au clergé catholique, travaillaient pour vivre, ils avaient donc des contacts permanents avec tous les milieux sociaux; leurs actions caritatives, leur dévouement à autrui, en un mot leur altruisme, faisaient de ces Bons Chrétiens un exemple. L’Église cathare était pauvre, comme les premiers chrétiens. Contrairement au clergé régulier en particulier (monastères), elle ne possédait ni serfs ni domaines.

Une autre cause de l’engouement et de l’expansion considérable réside dans le catharisme lui-même dont la doctrine présentait plus d’attrait et les réponses plus satisfaisantes aux questions et aux problèmes métaphysiques et religieux posés par les croyants.

1167
Fixation du Catharisme en Languedoc.
Un dignitaire bogomile, appelé Nicetas ou Nikétas, venu de Bulgarie, préside près de Toulouse, le concile cathare de,Saint-Félix-de-Caraman, dont le néologisme est Saint-Félix-du-Lauragais.

1232
Montségur, qui est devenu la résidence principale de son seigneur, Raymond de Péreille, va devenir l’ultime refuge languedocien des cathares. En 1232, alors que sa famille et ses amis, tous profondément croyants, sont réunis autour de lui, il reçoit un message de Guilhabert de Castres l’invitant à le rejoindre dans la forêt de Gaja, au nord de Mirepoix. Guilhabert de Castres et les quelque trente parfaits qui l’accompagnent vont demander à Raymond de Péreille de faire de Montségur «le siège et la tête» de l’église interdite.
Durant plus de dix ans, Montségur jouera parfaitement son rôle, à la fois refuge de la haute hiérarchie hérétique et résistance religieuse. Cette dernière allait clandestinement se développer et s’organiser dans le bas pays. Loin d’être cloîtré, ce lieu sera le théâtre d’incessantes allées et venues. Les bons hommes qui y reviennent, croisent ceux qui s’en vont à leur tour prêcher.
Guilhabert de Castres est signalé comme ayant administré le consolamentum ou prêché dans plusieurs centaines de localités différentes du Languedoc, sous le nez des Inquisiteurs.
Un synode hérétique se tient à Montségur, dans le pays ariégeois, où la résistance cathare s’est organisée – tout comme elle s’organise dans le Fenouillèdes, aux confins du Roussillon.
De son côté, l’Inquisition s’emploie à dépister et à traquer l’hérésie.
Montségur ressemblait à tous les villages de montagne, si ce n’est que ses habitants étaient des proscrits risquant le bûcher ou la prison perpétuelle.

1242
Pourquoi cette répression ?
Massacre des inquisiteurs à Avignonet par des gens de Montségur menés par Pierre-Roger de Mirepoix.
Cela précipitera l’action
militaire contre Montségur.

Dès 1198, Innocent III avait fait de la lutte contre l’hérésie son premier but afin d’établir un monde chrétien unifié. L’assassinat en 1208 de son légat Pierre de Castelnau fut le prétexte de la croisade. Pour attirer les chevaliers, le Pape va exposer en proie tout le Languedoc. Tout bon catholique se doit effectivement de dénoncer les hérétiques, mais de surcroît les déposséder de leurs biens, afin d’établir dans ce pays des habitants catholiques.

L’affaire de la Paix et de la Foi (nom officiel de cette entreprise) était en marche.
Ils seront aidés en cela par l’Inquisition créé par le Pape Grégoire IX en avril 1233. (Confié à l’Ordre des Frères Précheurs de Dominique de Guzman).
En ce début de XIV siècle, notamment avec Geoffroy d’Ablis, le personnel de l’Inquisition devient de plus en plus compétent. Notaires, clercs et évêques inquisiteurs – intégrés dans l’institution à partir de 1312 par la contestable décrétale Multorum querela – organisent une véritable recherche de l’hérétique.

L’inquisition de Carcassonne, forte à cette période de 17 diocèses, entraîne la création de succursales de l’Inquisition, notamment à Albi, Pamiers ou encore Montpellier. Des charges de lieutenants de l’Inquisition sont créées vers 1305, avec les nominations de dominicains comme Jean de Faugoux ou encore Géraut de Blomac. Des personnages comme Bernard Gui, inquisiteur de Toulouse en 1306, ou encore Jacques Fournier – futur pape sous le nom de Benoît XII en 1334 évêque inquisiteur délégué à Pamiers en 1317, marqueront profondément la profession d’inquisiteur.

Que s’est-il passé ensuite ?
Commencé en mai 1243, le siège de Montségur se termine le 16 mars 1244 par la mort sur le bucher des hérétiques.
En 1255, reddition de Quéribus ou la résistance cathare continuait avec l’appui des châteaux de Puilaurens et Fenouillet.
Ce sera pratiquement la fin de l’Hérésie Cathare. Quelques-uns se réfugient dans des lieux fortifiés comme les spulgas du Sabardès, ou se cacheront chez des amis ou encore s’enfuiront en Italie.

1328, Jacques Fournier, inquisiteur fait emmurer 510 cathares dans la grotte de Lombrives.
Ce sera le dernier grand évènement qui marquera l’histoire du Catharisme.

Il est intéressant de noter que très peu d’écrit ont subsisté. D’abord parce que les cathares avaient une tradition orale importante, puis l’inquisition a de son côté brulé tous les documents qui tombaient en sa possession.
Et ironie du sort la majorité des sources exploitées proviennent des registres de l’Inquisition.

Texte: Daniel Fassino
Photos: François Millo.

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FOIX et son imprenable forteresse

Enchâssée dans l’écrin pyrénéen, la petite cité de Foix palpite au pied de son château fort du XIIème siècle.
L’imposante silhouette féodale domine la ville qui était au cœur de l’Ariège au Moyen âge.

Perchées sur leurs rochers, les trois tours et l’impressionnante muraille médiévale demeurent un symbole très fort pour les habitants qui appellent inquiets, les employés du château quand plongées dans le brouillard, elles disparaissent de leur horizon. C’est comme si on leur arrachait une montagne, s’amuse sa conservatrice, avant de conclure : « c’est vrai qu’il a quelque chose de rassurant même si pendant plus de 2 siècles il a eu mauvaise réputation ». Foix a servi de garnison et de prison, et a vu pousser des bâtiments pour héberger les prisonniers.
Reste que les Fuxéens sont viscéralement attachés à cette forteresse imprenable : « El castels es tan fortz qu’el mezis se defent » « le château est si fort qu’il se défend par lui-même » disait-on au Moyen Age. Voici le berceau de la famille du Comté de Foix, qui marquera quelque pages d’histoire de France avec ses enfants prodiges, Henri IV et Gaston III de Foix-Béarn plus connu sous le nom de Gaston Fébus.

« le château est si fort qu’il se défend par lui-même » disait-on au Moyen Age.
L’édifice actuel a fait l’objet d’un immense chantier de rénovation, mais il n’a pas été détruit comme Montségur dont il fallait éradiquer tout souvenir de résistance. Au vide abyssal de l’un répond le trop plein de l’autre. Un parti pris étonnant en France : tout le mobilier intérieur a été reconstitué, celui d’origine peut se découvrir en partie au musée.
Résultat, au château, tout est à disposition des visiteurs, sièges, tables, lits, armes, armures, et autres objets de la vie quotidienne y compris les casques, et les cottes de mailles. Une aubaine pour les amateurs qui peuvent toucher, tester le confort des sièges, soupeser et même enfiler une vraie cotte de mailles, ou porter un casque. C’est aussi l’occasion de découvrir qu’au Moyen-âge les meubles n’étaient pas patinés.

Tout a été réalisé sur mesure, le fruit d’un long travail d’archivistes et d’inventaires des différentes collections médiévales répertoriées. On a également respecté les bois d’origine, le chêne et le châtaignier. Force est de reconnaitre que cette scénographie qui irritera sans doute les puristes, ravit tous les touristes qui ont envie de se prendre pour Gaston Fébus, et nous rappelle qu’à l’époque le mobilier était aussi neuf !

Ces reconstitutions y compris celle de l’imposante cage à écureuil, (sorte de grue médiévale,) dans une des cours, permet d’ appréhender l’ ingénierie médiévale, et d’en comprendre le fonctionnement puisqu’elle tourne trois fois par jour. On salue cet aspect de l’histoire du Moyen Age qui passe souvent à la trappe. Et ce d’autant plus qu’elle est unique à fonctionner ainsi en Europe.

Ne ratez pas la grande salle d’apparat, la chambre du comte, le scriptorium, le cachot et n’oubliez pas de grimper au sommet de la tour ronde, l’une des deux tours accessibles au public. Ses escaliers distribuent au passage de superbes pièces voutées. La grimpette se mérite car les marches inégales coupent le souffle, mais on est récompensé à l’arrivée, l’horizon se respire à plein poumon.

De nombreux ateliers participatifs et ludiques vous sont proposés pour apprendre le maniement de l’arbalète et autres armes de guerre, vous pourrez aussi apprendre à tailler la pierre ou les rudiments de la forge.

Dès cet été « les apéros chez Gaston » permettront de jouer les prolongations en arrosant la visite de vins médiévaux dans la salle des banquets…
A Boire !

Il est prudent de réserver.
La billetterie sera en ligne dès juillet. Des soirées Cluedo sont également prévues tout l’été.

Texte: Anne Sarbel
Photos: François Millo

 

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L’Ariège

Un département qui cultive la discrétion et protège ses trésors.

Une forme déterminée depuis plus de 4000 ans Avant J.C. !
C ‘est dire que l’Ariège, ayant traversé des siècles et des siècles n’a plus rien à prouver ! Entre glaciers pyrénéens, plaines, pacages, alluvions… Si les variations climatiques ont souvent perturbé l’Ariège, la nature y est généreuse.

L’Aurigera, l’Ariège.
Une rivière qui doit son nom aux gaulois pratiquants l’orpaillage (Aurigera). L’orpaillage en Ariège, fut une activité économique réglementée et saisonnière. Aujourd’hui grâce à des démarches soutenues par les défenseurs de l’orpaillage de loisir, un arrêté préfectoral mis à jour pour 2021 le réglemente et le classe dans les activités de loisirs. L’orpaillage ne reste pas dans la boîte aux souvenirs.

Nature. Histoire. Art. Culture
Il suffit d’arriver aux portes du département : il se passe quelque chose d’étonnant, une impression d’ailleurs, un dépaysement quasi immédiat. Des vallons, des forêts, un camaïeu de vert à perte de vue. Nichée entre Pyrénées, Espagne, Andorre, l’Ariège n’a rien perdu de ses traditions et la nature a gardé toute sa vérité, toute son authenticité. Les vaches paissent calmement dans les près le long des routes, les moutons font transhumance et les chevaux se promènent naturellement. L’Ariège est un département non seulement de nature mais aussi d’Histoire, d’art et de culture : grottes préhistoriques, châteaux cathares, Cathédrales, et villes médiévales, églises romanes…

Sur la route de Saint Jacques
Entre montagnes, plaines, rivières et chemin de balades, ici, quelle que soit la saison, la nature offre tous les registres. Et le cadre, où que l’on soit, reste toujours propice à la détente, au repos, au farniente observateur et aux sports de pleine nature. Sans oublier l’universel chemin de Saint Jacques de Compostelle. Le fameux GR 78, bien connu des pèlerins qui peuvent décider de prendre l’un des 4 chemins qui conduisent à la Cathédrale de Saint Jacques. L’un des chemins, celui du Piémont Pyrénéen, voie littorale, passe dans le département de l’Ariège dont un arrêt est visible à Saint Lizier.

Et du chemin des Cathares
Impossible d’occulter le catharisme dont l’Ariège est un haut lieu. Un peu d’étymologie,
Cathare vient du grec « Katharos » et signifie « pur ». On comprend mieux le pourquoi de l’idéologie Cathare !
Au XIIe siècle vont se développer quelques variantes religieuses. Certains prédicateurs, tous issus du christianisme se disaient les seuls vrais disciples des apôtres, pratiquant comme eux la pauvreté absolue et le travail de leurs mains pour vivre. Une idée mise en avant par les Cathares : il existe 2 mondes, l’un bon, l’autre mauvais. Le bien, le mal, l’éternelle dualité de la vie, du monde, des êtres humains. C’est ici en Ariège que le village Montségur, entré dans la légende, fut occupé par une communauté Cathare et devint un lieu dissident. Assiégé et pris en 1244, 2000 cathares furent brulés ! On est spirituellement, loin du chemin de Saint Jacques de Compostelle !

S’aventurer au gré des petites routes et se laisser porter
Un peu à la façon du marcheur qui ignore souvent ce qu’il va découvrir, ici, les petites routes réservent bien des surprises ! Par exemple, à Tourtouse un horloger qui ne s’attarde que sur les pendules et horloges anciennes, un lavoir de pierre comme on n’en voit plus, une terrasse pleine d’objets peut-être une brocante ? A savoir. Un artisan créateur de meubles qui porte le nom d’un musicien. A Montjoie, une pépinière magnifiquement architecturée par un créatif, là, une boutique d’architecte d’intérieur totalement inattendue, une bouquinerie authentique sous des arcades, et encore et encore…

Alors laissons-nous porter au gré de l’Ariège !
Magali Aimé

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Le tourisme fluvial est en pleine croissance

 

 

Bateau de plaisance près de l’écluse de Villepinte
sur le canal du Midi

6 700 kilomètres et 4 000 ouvrages d’art
Initialement dédiés au transport de marchandises, les canaux, rivières, fleuves sont de plus en plus appréciés comme des espaces de détente et de loisirs. Face à ce constat, on s’aperçoit que le tourisme fluvial qui désigne la navigation de plaisance, croisières et promenades à bord de bateaux à moteur, privés ou de location, connaît un véritable essor. Sachez également que dans l’appellation « tourisme fluvial » on peut englober le nautisme de proximité (canotage, pêche en barque, canoë-kayak, aviron) ou de ski nautique, de pêche, de plongée, de randonnée pédestre ou à vélo, de camping dans, bien évidemment, l’environnement immédiat d’un cours d’eau dont l’influence est manifeste sur la pratique touristique.

Tout cela pour vous annoncer que le tourisme fluvial en France connaît une croissance de son activité qui réjouit VNF (Voies Navigable de France) en charge du réseau (entretien et exploitation) sur notre territoire qui avec 6 700 kilomètres et près de 4 000 ouvrages d’arts (écluses, barrages, pont-canaux) est de loin le premier réseau navigable d’Europe.

En effet, et à l’image des bons résultats de l’activité touristique dans notre pays en 2018, 11,3 millions de passagers ont été embarqués en 2018 (+ 2% par rapport à 2017) ce qui permet à ce secteur de reprendre des couleurs après les difficultés rencontrées en 2016 (crues et attentats).

La Seine et le Rhin « leaders »
L’Ile-de-France avec les croisières sur la Seine à Paris assurées par de nombreuses compagnies de bateaux touristiques dont la plus connue est la Compagnie des Bateaux Mouches connaît une dynamique sans précédent et représente 71 % de l’activité de cette filière.

Tout juste derrière cette région, fort est de constater que les croisières sur le Rhin font un véritable bon en avant puisque ce fleuve a transporté 48 % des passagers ayant profité d’une croisière fluviale dans notre pays, soit 221 900 personnes pour être précis. D’ailleurs, pas moins de 133 bateaux ont fait escale à Strasbourg.

Plaisance sur le canal des Ardennes près d’Asfeld

La location des bateaux habitables séduit de plus en plus
Le tourisme fluvial est composé de quatre filières principales : les croisières fluviales (produits clés en main pour découvrir un territoire ainsi que toutes les spécialités culturelles et gastronomiques, mais également historiques) à bord d’un paquebot fluvial de 50 à 130 personnes ou une péniche-hôtel pouvant accueillir jusqu’à 50 personnes), les bateaux-promenade (pour des croisières de quelques heures), la location de bateaux habitables qui est un bateau de moins de 15 mètres équipé de couchages que l’on peut louer sans permis et la plaisance privée dont les bateaux appartiennent aux particuliers.

Parmi ces quatre filiales, la location des bateaux habitables prend de plus en plus d’ampleur et dans ce secteur la région Occitanie arrive en tête. Il est vrai que le canal du Midi, qui relie Toulouse à la mer Méditerranée, offre une telle variété durant les 241 kilomètres de son parcours que nombreux sont les touristes à emprunter le canal. Malgré la fermeture de ce dernier mi-octobre 2018 suite aux inondations dans l’Aude, près de 10 % de contrats ont été vendus en plus.

Bateaux de plaisance sur le canal des Ardennes
près de Pont a Bar et La Cassine

L’électrique un axe de développement
Même si tous les clignotants sont « au vert » pour le tourisme fluvial, du côté de VNF on est conscient que des destinations touristiques restent encore sous exploitées en matière de tourisme fluvial comme le canal latéral de la Garonne, la Saône en amont de Lyon, le canal du Rhône. Voilà autant d’axes que VNF va s’attacher à développer tout comme les croisières fluviales en bateau habitable à propulsion électrique… sans permis.

Dominique Roudy
Photos VNF-D.-Gauducheau

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Petit Conte de Noël

Comme le disait George Sand dans «Les lettres d’un voyageur» :«Le parfum de l’âme, c’est le souvenir».

Les êtres humains sont faits de souvenirs qui les déterminent et les construisent, qui retracent les racines et dessinent le devenir. Capricieux, ils nous amènent à un moment du passé : une voix, une odeur, un son, une époque marquée par la tristesse ou la joie.
Par ces temps difficiles d’insécurité, il est bon de savoir renouer avec nos souvenirs d’enfance. Plus nous nous concentrons sur ce qui nous est arrivé de positif dans notre vie, plus nous rechargeons nos batteries d’énergie positive. Cette énergie positive nous fait nous sentir bien, et augmente également notre capacité à réagir aux événements négatifs.

Il était une fois dans un petit village …
Ma famille est originaire d’Alsace et j’ai eu la chance de pouvoir grandir dans le beau village de Gumbrechtshoffen-Niederbronn où serpente paisiblement la rivière Zinsel. Mon enfance à cette période de l’année, est rempli de saveurs et d’odeurs… Celle de la levure, le dimanche matin …
Je me revois encore en cette année 1971, jouant dans le grand salon familial, pendant que ma mère, les mains blanches de farine, nous préparait le tradionnel Kougelhopf. Habillée en cuisinière, elle savait nous régaler de Bredeles, Manneles, Berewecke, Lammele (que les Haut-Rhinois prononcent Bredalas, Mannalas, Berawecka, Lammala) et autres délices, le tout accompagné de Confiture d’églantine maison.
Mon père, un rude gaillard, dont les travaux aux champs à la ferme de l’oncle Hans avaient forgé le caractère, alimentait le Kachelofe (ou Kochlofa) qui traduit littéralement, signifie « poêle recouvert de carreaux ».
Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… Malgré son climat semi-continental, L’Alsace se couvrait alors d’un beau manteau blanc, les hivers étaient rigoureux (-23.2°C à Strasbourg le 2 janvier), la vie des hommes était rythmée par le cycle des saisons et non par les notifications de nos smartphones et les masques faisaient rire les enfants et ne faisait pas peur aux adultes.

C’était une époque différente que je vous invite de découvrir en visitant l’Écomusée d’Alsace dans la commune d’Ungersheim qui regroupe, sur 15 hectares, 75 bâtiments représentatifs de toute l’Alsace du début du 20ème siècle : des demeures à colombages ou en pierre, une mairie, une école, une chapelle, une gare, ainsi que des bâtiments utilitaires tels que granges, étables, séchoirs, fumoirs et même une scierie avec sa roue à augets … Le musée est malheureusement actuellement fermé en raison de la conjoncture jusqu’au 1er avril 2021.

A la recherche du Père Noël …
Après la messe dominicale, lorsque nous étions sages, nous nous rendions de temps en temps à Strasbourg pour visiter son magnifique marché de Noël.
Depuis tout petit, j’ai adoré l’ambiance festive des marchés de Noël. Le fameux Christkindelsmärik (marché de l’Enfant-Jésus) de la place Broglie est le plus ancien marché de Noël de France, et l’un des plus réputés. La tradition remonte à 1570… Le bus nous déposait alors place Kléber ou se dressait fièrement un superbe sapin géant. Puis on marchait jusqu’au quartier de la cathédrale. Et tout à coup, notre chemin s’illuminait ! Nos yeux d’enfants étaient ébahis par les lumières qui éclairaient les magasins et chalets de Noël décorés de rennes, d’anges et de sapins. Au milieu de lumières scintillantes et multicolores, on y exposait les cadeaux les plus convoités : des artisans de la France entière, tels les rois mages, venaient y exposer des objets variés destinés aux fêtes de fin d’année. On vivait alors dans un monde magique, un rêve éveillé. C’était là, à ce qu’on disait, que se tenait le véritable Père Noël.
En fin de journée, comblés, épuisés et frigorifiés, tandis que je me réchauffais les doigts engourdis contre une bonne tasse de chocolat chaud, j’observais avec curiosité, les adultes agglutinés autour d’un chaudron fumant aux effluves de miel et d’épices se mêlant avec gourmandise aux écorces d’agrumes. J’étais, malheureusement, trop jeune pour goûter à cette potion magique qui redonnait les couleurs que le froid avait effacé de leurs visages, mais cela n’a fait que renforcer ma détermination de percer, un jour, le secret de cette recette, surement transmise de bouches à oreilles de druides depuis des temps ancestraux…

Jeux de Vins, jeux de Malins
L’origine remonte aux premiers vins dits « épicés » et dont l’élaboration et la consommation datent de l’époque romaine dans le but «thérapeutique» de faciliter la digestion après des orgies quelque peu trop festives (ils avaient effectivement l’amphore facile). Le vin chaud se prénommait « Conditium Paradoxum », et contenait principalement du miel, du poivre, du laurier, des noix et des dattes. Ces ajouts et épices permettaient au vin d’être conservé plus longtemps sans s’oxyder. Une boisson fort différente de celle que l’on trouve de nos jours sur nos marchés.

Pour retrouver une préparation se rapprochant de celle que l’on consomme il faut attendre le Moyen-âge. Au XIII° siècle, la ville de Montpellier est réputée pour la préparation de vins épicés et son commerce.Ville portuaire, les épices arrivaient d’Orient et notamment l’épice reine des vins épicés : le clou de girofle. Ce vin chaud plus sucré était aussi appelé « Hypocras ». Par la suite, de nouveaux ingrédients se sont ajoutés comme la cannelle, la cardamome ou les agrumes, découverts lors des grandes explorations. Puis la mode envahit progressivement l’Europe et notamment les cours des rois scandinaves. Grand amateur, le roi de Suède Gustave 1er développe la tradition du vin chaud dans son pays. A partir du 17e siècle, cette boisson aristocratique devint populaire et prit le nom de Glögg (vin chauffé) et l’engouement fut tel que le roi de Suède tenta de mettre un frein à sa consommation. Mais la mode était lancée et se répandit aux pays germaniques et à l’Europe centrale, là où il fait plus froid en quelque sorte.
Début du 20°siècle, la tradition s’amplifia lors de la période de Noël et comme toute tradition, chaque pays possède sa propre recette. La préparation la plus populaire du vin chaud est réalisée avec une base de vin rouge tandis qu’en Suède, il est à base de vin blanc.
Comme le disait ma grand-mère en me confiant sa recette le jour de mes 18 ans, «l’important est de préparer son vin chaud avec amour et du vin aussi»

Allez, g’sundheit !